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Communiqués Étude sur les sciences et la technologie
Propriété intellectuelle et produits pharmaceutiques Une loi fédérale régit la protection de la propriété intellectuelle, qui est également façonnée par les accords commerciaux internationaux. Au Canada, les médicaments d’origine bénéficient d’une protection de 20 ans qui leur est conférée par un brevet. Pendant cette période, seul le titulaire du brevet peut produire le médicament. Après l’expiration du brevet, d’autres fabricants peuvent présenter une demande à Santé Canada pour produire et vendre des versions génériques. L’industrie canadienne du médicament générique appuie les droits conférés par les brevets et le droit de toute société pharmaceutique – qu’elle fabrique des médicaments d’origine ou des médicaments génériques – de récupérer ses investissements et de réaliser un bénéfice qui l’aide à progresser et à maintenir ses activités. On pense cependant à tort que de longues périodes de protection de la propriété intellectuelle sont nécessaires pour encourager et appuyer l’innovation dans le secteur pharmaceutique. L’ACMG propose que le Comité se concentre sur des mesures qui créeront un équilibre dans le régime canadien de propriété intellectuelle en matière pharmaceutique en veillant à que le régime soit conforme à nos obligations commerciales internationales, sans toutefois les aller au-delà, ce qui reconnaîtra avantageusement les investissements et permettra à la concurrence de stimuler d’autres innovations et d’offrir une meilleure valeur aux Canadiens. Considérations de principe Les données historiques du Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés (CEPMB) révèlent qu’une protection accrue de la propriété intellectuelle dans le secteur pharmaceutique n’a pas mené à une augmentation des dépenses nationales en R‑D.
Règlement sur les médicaments brevetés (avis de conformité) Le projet de loi C-91 a donné lieu à l’adoption du Règlement sur les médicaments brevetés (avis de conformité) (Règlement de liaison) en 1993. Les fabricants de médicaments d’origine, par une pratique appelée « perpétuation des brevets », ont réussi à prolonger leurs monopoles commerciaux en utilisant la disposition sur la suspension automatique d’une manière que le Règlement de liaison n’avait pas prévue. Les fabricants de médicaments d’origine ont appris à inscrire de nombreux brevets pour un même médicament et à échelonner l’inscription de ces brevets pour qu’ils aient des dates d’expiration différentes. Chacun de ces brevets additionnels pouvait ensuite être utilisé pour bloquer automatiquement un concurrent générique. Ces manœuvres juridiques pouvaient bloquer injustement la concurrence générique pendant plusieurs années et obliger les gouvernements et les consommateurs à payer des prix monopolistiques pendant plus longtemps que nécessaire. En octobre 2006, le gouvernement fédéral a pris des mesures pour mettre fin à ces failles qui permettaient la perpétuation des brevets. On s’entend généralement pour convenir que le législateur n’avait jamais voulu la perpétuation des brevets en adoptant le Règlement de liaison et que ce dernier procurait un avantage indu aux fabricants de médicaments d’origine, au détriment du système de santé canadien et des fabricants canadiens de médicaments génériques. Encore là, en cherchant à corriger ces failles, le gouvernement fédéral a apporté d’autres modifications au Règlement de liaison et au Règlement sur les aliments et drogues qui ont fait de nouveau pencher la balance en faveur des fabricants de médicaments d’origine. Une modification apportée en octobre 2006 au Règlement de liaison a supprimé la possibilité pour un fabricant de médicaments génériques de réclamer des dommages-intérêts à un fabricant de médicaments d’origine pour les profits faits par ce dernier en raison de délais injustes de la concurrence générique découlant de l’usage abusif de la disposition sur la suspension automatique. Ce droit était prévu à l’article 8 du Règlement de liaison et constituait une protection primordiale pour les fabricants de médicaments génériques et les consommateurs. Sans elle, le fabricant de médicaments d’origine n’a aucun inconvénient à retarder indûment la concurrence générique, et un fabricant de médicaments génériques n’a aucun intérêt à s’engager dans des litiges coûteux, même s’il a été lésé. Des monopoles seront donc injustement prolongés indéfiniment, même si aucun brevet n’est contrefait. Seuls les titulaires de brevets pharmaceutiques disposent de cette disposition sur la suspension automatique et elle demeure dans le Règlement de liaison. La Cour suprême du Canada a qualifié le Règlement de « régime draconien ». La jurisprudence montre que les fabricants de médicaments génériques ont gain de cause dans la vaste majorité des cas lorsque leur affaire est finalement entendue par un tribunal, délai pendant lequel la suspension automatique est restée en vigueur et a assuré au fabricant de médicaments d’origine un monopole injustifié. Le gouvernement du Canada devrait prendre des mesures pour veiller à que le système ne se prête pas à un usage abusif avant une audience du tribunal. Il faut remettre en vigueur les responsabilités légales pertinentes pour les fabricants de médicaments d’origine qui utilisent abusivement le Règlement. Monopoles commerciaux accrus grâce à la prolongation de « l’exclusivité des données » L’exclusivité des données prolonge le monopole commercial d’un fabricant de médicament d’origine Cette exclusivité est indépendante du régime des brevets, fonctionne comme un régime distinct sanctionné par le gouvernement, et renforce le monopole commercial qui empêche un concurrent générique de prendre place sur le marché. Les modifications apportées en octobre 2006 au Règlement sur les aliments et drogues ont considérablement consolidé un autre régime qui permet aux fabricants de médicaments d’origine de bénéficier d’une interdiction de la concurrence pendant 8,5 années (8 ans plus 6 mois d’exclusivité pédiatrique), même pour les médicaments non brevetés. Le régime canadien de 5 ans, qui prévalait avant les modifications apportées en octobre 2006 était entièrement conforme aux accords commerciaux internationaux comme l’Accord de libre échange nord-américain (ALENA) et l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), et il aurait dû rester tel quel. Le nouveau régime va au-delà des engagements commerciaux du Canada aux termes de l’ALENA et de l’Accord sur les ADPIC. Les États-Unis représentent le plus important marché d’exportation des médicaments génériques du Canada, et les fabricants canadiens de médicaments génériques sont maintenant fortement désavantagés par rapport à leurs concurrents américains qui ne sont assujettis qu’à cinq ans d’exclusivité des données. Produits biologiques ultérieurs Il n’y a actuellement sur le marché que des produits biologiques d’origine au Canada. Les brevets d’un certain nombre d’entre eux arriveront à expiration au cours des cinq prochaines années, et les brevets de certains autres ont déjà expiré. Santé Canada a récemment publié une directive provisoire concernant l’approbation des produits biologiques ultérieurs (nom donné aux produits biologiques génériques au Canada) et a prévu des consultations en juin 2008. L’ACMG est résolue à collaborer avec les représentants de Santé Canada à la mise en place d’un mode efficace d’approbation opportune de produits biologiques ultérieurs sûrs et de prix abordable. Les fabricants canadiens de médicaments génériques ont la capacité technologique de mettre au point et de produire un grand nombre de ces molécules biologiques et cherchent à faire du Canada un chef de file mondial dans ce domaine. En ce qui concerne le marché canadien, le lancement de produits biologiques ultérieurs susciterait la concurrence, réduirait les coûts des soins de santé, et accroîtrait l’accès des consommateurs à des médicaments de prix abordable. L’essor d’une industrie nationale de produits biologiques ultérieurs augmenterait également la capacité technologique de l’industrie canadienne du médicament générique de calibre international et ferait augmenter les investissements dans des emplois hautement spécialisés, la fabrication et la recherche-développement. Les perspectives d’une industrie des produits biologiques ultérieurs au Canada sont prometteuses. Les médicaments produits à partir de matières biologiques coûtent généralement plus cher à produire que les médicaments à base d’une petite molécule mise au point à partir de composés chimiques, et les fabricants de médicaments génériques investiront beaucoup de temps et d’argent en recherche pour créer un seul produit biologique ultérieur. Les périodes d’exclusivité commerciale pour les produits biologiques d’origine ne doivent pas servir à prolonger les brevets qui créent des monopoles de produits injustes et indéfinis. Il faut aussi songer à un mécanisme qui garantira le règlement rapide de tout litige lié à des brevets.Recommandations Le gouvernement du Canada a accru les monopoles commerciaux des fabricants de médicaments d’origine à plusieurs reprises au cours des 21 dernières années (C-22 en 1987, C-91 en 1992, S-17 en 2001), mais ces mesures n’ont pas donné lieu à une augmentation des dépenses en R‑D en pourcentage des ventes au Canada. En réalité, les données historiques du CEPMB montrent que la situation inverse s’est produite. Les Canadiens seraient mieux servis si une industrie canadienne du médicament générique fermement implantée pouvait exercer davantage de concurrence, ce qui sera possible si le régime canadien de la propriété intellectuelle allait de nouveau dans le sens de nos obligations commerciales internationales. Tous les intervenants tireraient profit de règles et de pratiques plus claires en matière de propriété intellectuelle dans les secteurs pharmaceutique et biologique. Au-delà des améliorations du régime canadien de propriété intellectuelle pour les médicaments, décrites brièvement par l’ACMG dans ce bref mémoire, d’autres modifications s’imposent aussi pour offrir aux médicaments génériques un accès plus certain et plus opportun au marché. Ces changements comprennent notamment une répartition appropriée et stable des ressources en ce qui concerne les programmes réglementaires de Santé Canada afin que le Ministère puisse respecter ses propres cibles d’examen des médicaments génériques, et la reconnaissance que les approbations des médicaments génériques de Santé Canada constituent la base de l’interchangeabilité nationale dans les formulaires pharmaceutiques de toutes les provinces. Recommandation no 1 : Exclusivité des données Le Règlement sur les aliments et drogues devrait être modifié pour réduire de 8 à 5 ans la période d’exclusivité des données des fabricants de médicaments d’origine. Ce changement est conforme à nos obligations commerciales internationales prises dans le cadre de l’ALENA et de l’Accord sur les ADPIC, et ferait disparaître un désavantage concurrentiel manifeste des fabricants canadiens de médicaments génériques par rapport à leurs concurrents américains qui ne sont assujettis qu’à 5 ans d’exclusivité des données. Les Canadiens auraient aussi la garantie d’obtenir plus rapidement accès à des médicaments génériques moins coûteux. Recommandation no 2 : Règlement sur les médicaments brevetés (avis de conformité) Le libellé d’avant octobre 2006 de l’article 8 du Règlement de liaison devrait être rétabli afin de décourager l’usage abusif de la disposition sur la suspension automatique. Les actions intentées aux termes du Règlement coûtent des millions de dollars aux fabricants de médicaments génériques, et ces derniers devraient avoir encore la possibilité soit de réclamer des dommages-intérêts pour les dépenses qu’elles ont-elles-mêmes engagées, soit choisir une comptabilité des profits du fabricant du médicament d’origine pendant le délai injustifié. Recommandation no 3 : Exception relative aux exportations dans la Loi sur les brevets La protection conférée par les brevets au Canada empêche d’exporter des produits pharmaceutiques de fabrication canadienne dans des pays où ces brevets ne sont pas en vigueur, y compris chez notre partenaire commercial le plus important, les États-Unis. Les brevets sont déposés dans chacun des pays et viennent à échéance à des dates différentes. Les fabricants canadiens de médicaments génériques doivent pouvoir avoir accès aux marchés internationaux dès qu’ils s’ouvrent, et la loi nationale nuit à l’expansion de l’industrie sur ces marchés d’exportation légitimes. Il faut souligner que les médicaments génériques produits dans le contexte d’une exception relative aux exportations ne se vendraient jamais au Canada avant l’expiration de la protection conférée par le brevet au Canada, car Santé Canada n’accorde pas de permis de vente des produits au Canada, tant que le brevet canadien n’est pas expiré. Recommandation no 4 : Produits biologiques ultérieurs Pour appuyer l’essor d’une industrie nationale des produits biologiques ultérieurs et s’assurer de la disponibilité en temps opportun de ces produits de moindre coût pour la population canadienne, il faut mettre en place une voie d’approbation évidente qui s’accompagne de règles raisonnables sur la propriété intellectuelle, qui soit à l’abri des abus éventuels et des prolongations des fabricants de produits biologiques d’origine.
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